LA FERME IMPOSSIBLE

QU'EST-CE QUE LA FERME IMPOSSIBLE?

La ferme impossible est un livre écrit par Dominic Lamontagne et publié chez Écosociété en octobre 2015. C'est l'histoire de la radicalisation de la gouvernance agricole québécoise.

« RADICALISER : Rendre un groupe, son action, plus intransigeant, plus dur, en particulier en matière politique ou sociale. » - Larousse

« FANATISME : Dévouement absolu et exclusif à une cause qui pousse à l'intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence. » - Larousse

«  VIOLENCE : Force exercée par une personne ou un groupe de personnes pour soumettre, contraindre quelqu'un ou pour obtenir quelque chose. » - ATILF.fr

Au Québec, en 2015, il est impossible pour un artisan de démarrer une petite entreprise agricole comptant quelques centaines de poules et de poulets et une ou deux vaches. Alors qu'il est permis de produire et de transformer 50 litres de lait de vache par jour en Alberta, d'élever 300 poules pondeuses à l'Île-du-Prince-Édouard ou encore 2 000 poulets en Colombie-Britanique, ici, au Québec, c'est interdit. C'est que le pouvoir en matière d'agriculture s'exerce ici sans partage par une union syndicale, l'UPA, qui régit les agriculteurs (en écrivant les lois) et sévit (en disposant de nos forces policières) avec la bénédiction de l'État, nommément celle du très incompétent ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). Dans les faits, les tenants du pouvoir agricole peuvent aujourd'hui lancer une descente policière pour faire saisir les poulets ou les poules de quelqu'un qui en élèverait plus de 100 et le mettre à l'amende à hauteur de plusieurs milliers de dollars.

Depuis le début du siècle dernier, la radicalisation progressive du syndicalisme et de la gouvernance agricoles a littéralement détruit notre agriculture artisanale. Il suffit d'échanger avec quelques-uns des principaux agents responsables de cette dévastation pour découvrir le fanatisme qui les anime, tantôt pour protéger les acquis de leur monopole, tantôt pour étouffer l'émergence des artisans fermiers. Bien que cette hégémonie ait bien servi la plupart des agriculteurs des années 1900, elle interdit aujourd'hui l'apparition d'une relève vigoureuse et débrouillarde. La mise en marché collective n'est plus à l'avantage du petit producteur qui pourrait maintenant gagner cinq fois plus d'argent s'il avait le droit de vendre ses produits directement à ses clients. Des permis de produire rarissimes qui coûtent des centaines de milliers de dollars rendent la néoagriculture carrément impossible. Quel artisan a les moyens de débourser plus de 125 000$ simplement en échange du droit d'élever 500 poules?

Renversons la pensée radicale qui étrangle l'émancipation de notre agriculture et travaillons à la construction de régions aux terroirs riches et généreux.



photo: Magali Ouellet
DOMINIC LAMONTAGNE : En 1997, il fonde avec un ami l'entreprise Günt Multimédia qu'il quitte en 2003 pour créer avec sa compagne, Amélie Dion, une entreprise spécialisée dans les repas sous vide, Gastronomie Le Naked Lunch. Peu après, le couple acquiert pignon sur rue en ouvrant un bistro rue Wellington à Montréal. Le Naked Lunch est reconnu pour son smoked meat de magret de canard et ses conserves haut de gamme faites maison. L'aventure se termine en 2012, lorsque la famille délaisse la frénésie de la métropole pour s'installer à Sainte-Lucie-des-Laurentides, à la recherche d'un peu plus d'authenticité. Elle lance alors EN PLEINE GUEULE, entreprise luciloise vouée à la promotion de l'autonomie alimentaire et de la gastronomie responsable. Dominic désire aujourd'hui redonner à tous la possibilité et le goût de pratiquer une agriculture locale à dimension humaine.



LA FERME IMPOSSIBLE EN CHIFFRES

En 1950, environ 240 000 producteurs agricoles exploitaient 145 000 fermes pour générer 160 millions de dollars de revenus (l'équivalent de 1,6 milliard en dollars d'aujourd'hui). Actuellement, moins de 38 000 producteurs agricoles exploitent moins de 23 000 fermes mais se partagent plus de 7 milliards de revenus et plus de 12 milliards de dollars en quotas.

Le Québécois moderne n'est pas libre de devenir producteur agricole, il est contraint de respecter une mise en marché collective dont la lourde administration a été confiée, il y a bien trop longtemps, à l'Union des producteurs agricoles (UPA). C'est ainsi que tous les producteurs intéressés doivent vendre le même produit, pour lequel ils recevront le même prix : parce que toutes les ventes des producteurs sont faites au prix du gros, ils sont certains, année après année, de recevoir le plus bas prix de toute la chaîne alimentaire pour leurs produits. Par-dessus le marché, les producteurs d'œufs, de poulet et de lait doivent acheter leur droit de produire à gros prix : les fameux quotas, disponibles en de très rares occasions, voire jamais, ont ni plus ni moins l'effet (et l'utilité!) d'une contravention (extrêmement salée) sur les finances toujours précaires de l'entreprise en démarrage. Démonstration :

La ferme impossible

 

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